Pavese Cesare

19 03 2009

Traverser la rue pour s’enfuir de chez soi
seul un enfant le fait, mais cet homme qui erre, tous les jours, par les rues, ce n’est plus un enfantet il ne s’enfuit pas de chez lui.

En été, il y a certains après-midi
où les places elles-mêmes sont vides, offertes
au soleil qui est près du déclin, et cet homme qui vient
le long d’une avenue aux arbres inutiles, s’arrête.
Est-ce la peine d’être seul pour être toujours plus seul?
On a beau y errer, les places et les rues
sont désertes. Il faudrait arrêter une femme,
lui parler, la convaincre de vivre tous les deux.
Autrement, on se parle tout seul. C’est pour ça que parfois
il y a des ivrognes qui viennent vous aborder
et vous racontent les projets de toute une existence.

Ce n’est sans doute pas en attendant sur la place déserte
qu’on rencontre quelqu’un, mais si on erre dans les rues,
on s’arrête parfois. S’ils étaient deux,
simplement pour marcher dans les rues, le foyer serait là
où serait cette femme et ça vaudrait la peine.

La place dans la nuit redevient déserte
et cet homme qui passe ne voit pas les maisons
entre les maisons inutiles, il ne lève plus les yeux:
il sent seulement le pavé qu’ont posé d’autres hommes
aux mains dures et calleuses comme les siennes.
Ce n’est pas juste de rester sur la place déserte.
Il y a certainement dans la rue une femme
qui, si on l’en priait, donnerait volontiers un foyer.

Travailler fatigue, Paris, Nrf, Poesie/Gallimard, p. 114-115


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Une réponse à “Pavese Cesare”

  1. 17 06 2011
    Download,télécharger,séries,serie (08:40:49) :

    merci

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