BOSQUET Alain

20 06 2011

p { margin-bottom: 0.21cm; }

(J’ai acquis ce petit volume il y a déjà longtemps et l’ai oublié sur une étagère. Depuis peu, je l’ai déperché, et l’ouvre de temps à autre. Il passe pour devenir un fidèle compagnon. Juste un poème pour vous, (presque) au hasard)

COMPRENDRE

On a souffert. On s’est surpris à trop aimer.

On a rendu, mais on ne sait trop à qui, les coups

du sort. On a jeté parmi les linges sales

un front très pur, et faisait-il partie d’un corps ?

On a tué son ombre : elle est ressuscitée

la nuit, dans le sommeil, plus lourde. On a menti

pour faire mal à la musique. On a rouvert

la blessure du doute. On a parlé aux chiens

qui ne répondent pas, aux arbres qui déçoivent,

aux murailles de fer. On a feint d’être l’autre

pour se comprendre à deux, ou pour mieux se méprendre

sur le sens du hasard. On a réduit l’espace

à celui de la chair. On a gonflé le temps

comme un ballon qui crève. On a eu peur de soi.

BOSQUET Alain, Chroniques pour une fin de siècle, Paris, Nrf, Poésie/Gallimard, 1980, p. 93


Actions

Informations



Laisser un commentaire




j'ai "meuh" la "lait"cture |
Les Chansons de Cyril Baudouin |
Malicantour |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | elfes, fées, gobelins...
| Pièces fugitives
| sosoceleste