ma contribution citoyenne au « grand » débat sur l’identité nationale

11122009

Le débat sur « l’identité nationale » est d’une inanité rare. On peut sérieusement douter de sa nécessité. Quand bien même on en serait convaincu, force est de constater que son organisation est pour le moins légère. Qui peut répondre à la question « comment est structuré le débat national sur l’identité nationale? ».

Si on voulait conclure que l’identité nationale française, c’est l’improvisation et le bricolage, on ne s’y prendrait pas autrement. Dans ce contexte éminemment flou, je poste ma contribution, en l’occurrence le texte de mon cours du 23 novembre dernier (si ma mémoire est bonne), auprès de futurs travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et assistants de service social, admirables professions qui incarnent mieux que quiconque aujourd’hui l’esprit de solidarité (il y a aussi les instits, avec leur magnifique initiative de RESF, et les infirmiers(ères)) :

(désolé, le texte est un peu long…. Mais que tous les ignares qui s’apprêtent à voter FN ou UMP aux prochaines régionales le lisent en entier et trouvent quelque chose à redire, quant à la vérité historique des faits évoqués)

 

Histoire de l’immigration en France

 

 

Prolégomène:

Où il est question d’identité nationale

(en particulier d’un petit gaulois résistant aux menaces étrangères

… Sarkozy? Mais non, quel manque de recul historique:

Astérix, bien sûr)

 

Nous le savons tous, la France existe depuis toujours, Dieu l’a créée en même temps que les astres et le ciel, et depuis, l’identité française ne cesse de remplir son devoir, qui est, comme chacun sait, d’éclairer le monde.

Enfin, ça, c’est un peu le mythe. La réalité historique est un peu autre.

 

Une origine peu « glorieuse »

Le premier territoire, dont les frontières auraient un peu quelque chose à voir avec celles du pays actuel, est un territoire d’occupation, la Gaule occupée par les Romains (Romains précédemment envahis par les Gaulois, soit-dit en passant). N’en déplaise à Astérix, les Romains n’identifient pas (les niais!) les individus qui habitent nos frontières comme faisant partie d’un seul et commun peuple. Non seulement ils ne distinguent pas les différences profondes (quoiqu’en pense Uderzo) entre Gaulois, Belges ou Helvêtes (underground, il est vrai), mais en plus ils ne comprennent pas que Burgondes ou Picards font partie du même peuple. Le seul caractère identitaire à l’époque est d’être occupé par les romains. S’il y a une identité nationale française, elle ne peut être fondée que sur ce commun passé, de peuple dominé, soumis ou mieux collaborateur, avec la puissance occupante d’abord, puis les différents barbares, successifs envahisseurs.

 

Contrairement à ce que voudraient croire nos valeureux ministres, la Gaule n’a pas été résistante mais soumise. Notre culture, et en premier lieu notre langue, n’est pas endémique, autochtone, indigène, mais s’est construite sur un socle extérieur. Qu’il s’agisse de son histoire antique, de l’époque médiévale (au moins jusqu’à l’installation des papes en Avignon), et même de la Renaissance et des Lumières, l’esprit français s’est exprimé au travers du pouvoir ou de l’influence romaine, latine, italienne.

 

Etre français, si cette expression a un sens, c’est être offert aux influences extérieures, comme la voile s’offre aux vents. Et s’il existe un génie français, il réside peut-être dans la capacité des peuples qui habitent ensemble ce territoire à métaboliser les différentes influences qui s’exercent sur sa géographie, côtes et plaines, fleuves et hautes montagnes, terres carrefours entre Ardennes et Pyrénées, océan et Méditerranée, langues d’oil et d’oc, et d’ailleurs…

 

S’il existe un génie français, il ne consiste pas dans une prétendue capacité à se défendre contre les influences étrangères mais juste dans cette compétence, toujours vérifiée jusqu’à ces dernières années, et quoi qu’il en coûtat, à inclure, à intégrer, à métisser…

 

C’est l’histoire de cette compétence, complexe, souvent duelle ou paradoxale, que nous allons aujourd’hui étudier.

 

 

 

 

 

Rapide survol historique

de plus d’un millénaire

en guise d’introduction

 

 

L’identité nationale renvoie donc à la tradition et à l’histoire. La première question qu’il faut donc résoudre est alors de pouvoir définir ces deux objets: précisément, quand commence l’histoire de France, d’où s’originent les traditions nationales?

Ce terme d’histoire est polysémique. On peut l’entendre comme le large champ qui englobe l’ensemble des histoires individuelles et/ou collectives liées à un territoire: selon cette conception, l’histoire considérée est celle des hommes sur l’espace délimité par les frontières de l’hexagone, elle remonte donc à Lascaux ou Tautavel (environ 450 000 ans). A l’inverse, on peut considérer que l’histoire nationale débute avec l’instauration d’un pouvoir politique unique et de ce fait un sentiment commun d’assujettissement à ce pouvoir, voire d’appartenance à une même nation: dans cette perspective, on considérera que l’histoire de France débutera avec le baptême de Clovis (496) ou le sacre de Charlemagne (800), l’avènement des Capétiens (987), ou même la fin de la monarchie (1792).

L’histoire de France est donc d’abord une histoire, destinée à être racontée: « Il était une fois… ». Et selon l’intrigue que l’on souhaitera développer, on choisira l’origine qui convient. Faire débuter l’histoire de France au moyen-âge, c’est masquer les périodes antérieures: âge « pré-historique », âge de la Gaule romaine, « invasions barbares ». Choisir alors comme fondateurs les mérovingiens (Clovis), carolingiens (Charlemagne) ou Capétiens (Hugues Capet), revient à négliger les contextes de conflit et d’alliances entre les divers souverains et leurs « peuples », entre pouvoirs politiques et religieux, etc. : Clovis, le Franc, n’était en rien français, mais au regard des frontières actuelles, plutôt belge; Charlemagne serait né en Belgique ou en Allemagne. Quant à l’avènement des Capétiens, il est entre autres dû à l’affaiblissement du pouvoir carolingien à cause (grâce?) des expansions des vikings, au Nord, et, au Sud, des sarrazins: il marque la rupture avec l’empire « romain germanique » et irrigue, par sa généalogie complexe, des territoires disparates (Portugal, Espagne, Brésil…)

 

Pourquoi ces rappels anciens? Juste pour mettre en évidence l’ineptie du projet qui cherche à lier immigration et identité nationale. Si un lien doit être fait entre ces deux objets de nature totalement différente (l’immigration est un fait, l’identité nationale, un sentiment, un postulat ou une supercherie), il ne peut s’agir que d’une évidence historique: c’est l’étranger qui fonde la France.

Et si le moyen-âge permet en France d’asseoir un pouvoir politique, il ne produit en rien une identité culturelle: la France médiévale est une mosaïque de coutumes, de religions, de langues (parmi les plus parlées, citons à l’ouest, le Breton et le Celte, au nord, le wallon et le Picard, au sud, la langue d’Oc- Pour mémoire, le français ne devient la langue officielle en France que par l’ordonnance de Villers-Cotterets, en 1539 -François 1er )

 

D’un point de vue culturel, c’est peut-être à partir du mouvement de la Renaissance (XIII ème siècle en Italie, XV ème et XVI ème en France) qu’une relative unité commence à poindre. Mais là aussi, on ne peut parler d’identité nationale, tant cette dynamique est internationale: développement de l’imprimerie, et donc diffusion des textes, de toutes natures (philosophiques, scientifiques, religieux… ) et origines (textes anciens grecs, traités philosophiques orientaux -cf Averroes-…); extension du commerce maritime (grands explorateurs) et découvertes de « nouveaux mondes », etc… C’est toutefois dans ce vaste mouvement que prend naissance le mouvement européen des Lumières (1688, révolution anglaise – 1789 révolution française), fondateur, dit-on, de l’esprit moderne (rationaliste et universaliste), esprit qui ne peut être considéré comme français, mais pour le moins européen. Là encore, prétendre à un identité nationale qui séparerait ce qui est français de ce qui ne l’est pas est proprement stupide.

Mais c’est aussi autour de la Révolution que se fonde le paradoxe actuel autour de la figure de l’étranger:

  • d’un côté, l’Europe nourrit un projet universaliste, fondé sur l’idée d’une communauté humaine (unité de l’homme révélée par les approches scientifiques et philosophiques) dont Paris, capitale des arts et des lettres, serait le phare culturel. Cet esprit universaliste justifiera l’expansion coloniale, motivée par des intérêts économiques bien sûr et un regard condescendant sur les populations indigènes.

  • De l’autre, le mouvement révolutionnaire se déploie en s’appuyant sur une peur de l’étranger, suppôt de la monarchie. La guerre (1792) contre l’Autriche et la Prusse « justifie » la Terreur. Les coalitions successives (92-97; 98-02; 02-06; 08-10; 12-14; 15) nourrissent l’image d’une France, seule contre tous.

 

Au terme de l’épisode révolutionnaire et napoléonien, la France ne domine plus l’Europe, mais l’idéal révolutionnaire s’est exporté et menace toutes les monarchies. L’idée de mouvement politique international s’amplifie.

C’est dans ce contexte que, essor industriel aidant, à partir de 1850, les migrations de travailleurs en France ou vers la France vont se développer, se structurer, que le terme d’immigration va apparaître (1880) et que des « politiques de la migration » vont émerger.

 




21092009

J’ai reçu  ce soir l’invitation d’un de mes anciens employeurs à fêter le quarantième anniversaire d’un établissement où j’ai travaillé quelques années. Beaucoup d’émotions, d’images et de sentiments mêlés m’ont envahi et inspiré cette lettre

Il s’agit d’un Externat Médico-Professionnel qui accueille et accompagne quelques dizaines d’adolescents différents, souvent en grande souffrance. C’est à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, 40 avenue de Stalingrad. C’est une bande de fous, ça s’appelle le Centre Emile Ducommun, et ça irradie de vie, d’espérance et de citoyenneté

 

 

 

Bourg-en-Bresse, le 21 septembre 09



Mesdames, messieurs,

très chers collègues,



Je reçois ce soir votre invitation à fêter avec vous l’anniversaire du Centre Emile Ducommun avec un très grand plaisir. En effet, je sais ce que je dois à cet établissement et me sens très honoré qu’il pense, à cette occasion, à ma modeste personne. Mais je lis aussi dans cette proposition le signe d’une permanence de l’esprit qui déjà animait Emile « à mon époque »: la qualité d’un accompagnement est d’abord le fruit d’une histoire collective, au delà des différences de qualification ou de génération. En effet, depuis mon départ de l’Empro, plusieurs générations ont dû passer…


J’ai travaillé à l’Empro, en tant qu’instituteur, de 1984 à 1992. Ces huit années constituent le moment fort de mon expérience professionnelle; je ne cesse depuis de m’y référer. J’ai, depuis, un peu roulé ma bosse, et croisé, au regard de ce que j’avais vécu à Fontenay, pléthore d’institutions médiocres, où le confort des professonnels, quoiqu’en disent les discours convenus, priment sur l’intérêt de l’usager. J’ai exercé de multiples fonctions, mangé à la table des ministres (de droite, personne n’est parfait), côtoyé des stars du show-bizz humanitaire, donné des conférences aux quatre coins de France et d’ailleurs… Que du vent, ou presque: rien, en tout cas, n’égalait la puissance de l’expérience humaine que j’avais eu la grande chance de vivre huit années durant dans ce « modeste » Empro.


Je suis aujourd’hui formateur dans un institut de formation d’éducateurs spécialisés et d’assistants de service social. Je sais que l’essentiel de ce que j’essaie de transmettre à ces futurs professionnels vient de ce que j’ai appris de mes collègues et de mes élèves à Fontenay: des valeurs, certes, mais surtout que ces valeurs peuvent être mises en acte, et que, toujours, ce combat vaut d’être mené.


Je ne pourrai être présent à votre journée anniversaire, et très sincèrement, je le regrette. J’aurais voulu y venir, pour croiser le regard de ceux qui poursuivent le chemin, et témoigner peut-être de mon infinie reconnaissance. J’aurais alors voulu citer ces noms et ces visages, de collègues ou d’élèves, qui, depuis maintenant plus de quinze ans, inspirent autant ma vie de professionnel que d’homme:


  • tout d’abord, la figure de Jean Paul Falcucci, éducateur, aujourd’hui décédé, homme de culture et de foi, inlassable arpenteur des espaces improbables entre sagesse et folie

  • bien sûr, Dominique Bureau, psychiatre, sans qui sans doute rien de tout cela ne serait advenu: insupportable, sûrement, mais tellement nécessaire

  • « mes » directeurs, Armand Boissay et Ginette Levacher, qui ont su, contre vents et marées, garder le cap, et je ne mesurais pas à l’époque combien cela était compliqué

  • mon ami, Jean Claude Richy, éducateur technique spécialisé, qui a profondément changé mon rapport au savoir, et le rapport au savoir, pour un instit’, c’est pas rien

  • mes collègues: Christine Pflimlin, secrétaire de direction infiniment dévouée; Yolande Boret, éducatrice, et Ahmed Rehahla, éducateur technique, dont les regards chaque matin pétillaient d’espoir et d’envie; Odette Gabillet, agent de service, si douce et disponible… et bien d’autres encore

  • mes élèves, enfin, j’aurais pu dire d’adord: Nathalie Buenot, Fayssal Chekaba, Eric Rodriguez, Biljana Velic, Alex Draye, Gilles Cianferani, Jean François Breugnon, etc. Et tant de noms dont je me plais encore à imaginer les visages, convaincu que leurs années passées à l’Empro les auront aidés à se sentir plus hommes et femmes parmi les hommes et les femmes.


Ces dernières années, bien qu’à plus de quatre cents kilomètres de Paris, il m’est à plusieurs occasions arrivé de recroiser ces visages: Ginette Levacher, à l’occasion d’un grand barnum, qui m’a rassuré en me faisant en quelques mots comprendre que l’aventure Ducommun était encore en cours; Pierre Nestor, mon prédécesseur au poste d’instit, avec qui j’ai pu partager une année durant des souvenirs de, comme il nous-vous nommait, cette « bande de fous »; Gilles Cianferani, rencontré « par hasard » il y a quelques années sur une aire d’autoroute, abruti de tranquillisants dans son minibus d’ESAT, alors qu’il était si beau et vivant chez Emile, dont le visage s’est illuminé quand il m’a reconnu et demandé des nouvelles d’Ahmed… Autant d’occasions de vérifier que le travail ambitieux et exigeant de l’Empro essaime bien au delà de l’avenue de Stalingrad, pollenise de multiples espaces de vie ou de pratiques professionnelles, et contribue, malgré tout, à faire vivre dans ce monde âpre l’esprit d’un humanisme véritable et renouvelé.


Merci à tous les artisans de cette histoire

Merci de m’avoir permis un temps d’être des vôtres


Très cordialement

 




jazz câlin

28082009

l’aube luit, le jour irise
sur les murs de la chambre endormie
je me réveille et assoupi
sur ton corps offert j’improvise

au coeur de tes paumes ouvertes
quelques notes de Keith Jarett
tes jambes chaudes contre mes pieds nus
trois accords de Charlie Mingus

tu frissonnes, tu frémis
et dans l’oreiller te pelotonnes
mais dans le même temps t’abandonnes
à mes érotiques mélodies

dessinent les courbes de ton dos
les longues lignes de Brad Mehldau
caressent la sphère de tes fesses
les chorus de Johnny Hodges

 tu te loves contre mon corps
tes bras tentent de m’enlacer
dans un élan ensommeillé
contre moi je te serre fort

je me plonge dans tes cheveux fous
sur un air de Madeleine Peyroux
et l’odeur de ta peau m’affole
aux accents de Diana Krall

enfin tu ouvres un oeil fatigué
et murmure des mots inaudibles
j’en profite, élan irrépressible,
pour poser sur tes lèvres un baiser

dans mes mains, tes deux seins jolis
improvisent du Gato Barbieri
et mes cuisses entre tes cuisses
comme un silence de Miles Davis

maintenant tes deux yeux pétillent
ta bouche s’ouvre, gémit et geint
sur mon corps courent tes mains
et sous tes mains mon corps frétille

sur ton ventre jouent mes doigts
des arpèges de Paco de Lucia
et alors je m’abandonne
au tempo de Duke Ellington





Rentrée manquée

24082009

Enfant, je m’en souviens, les vacances d’été n’en finissaient pas de se terminer. Elles étaient si longues que l’on s’habituait même à l’idée de leur fin, et que, peu à peu, leur terme était presque espéré, tout au moins attendu. On avait eu le temps d’oublier les heures de peine à l’école et la monotonie des semaines parisiennes, d’épuiser les ressources estivales des jardins et des vergers, de s’écoeurer d’odeurs de foin coupé et d’arabesques de papillons.

Fin Août, nous quittions dans la 404 familiale la Franche-Comté des ancêtres et des jeux spontanés pour gagner pour une dizaine de jours une destination variable mais régulière: la grand-mère, mercière besogneuse de Bourganeuf (Creuse), la vieille tante infirmière de Chambon-sur-Vouèze (Allier), ou le petit hôtel du Cap Coz (Finistère).

Là, me semble-t-il, notre principale occupation était, vaste ambition, de tuer le temps: dans des jeux de marchand, épuiser l’arithmétique dans d’incessants échanges de boutons et de galons; collectionner les coquillages ramassés sur la grève, trompettes, couteaux, chapeaux ou minuscules porcelaines; surtout, enfouir nos mollets nus dans les premiers tas de feuilles mortes, dans l’allée de marronniers au delà du pont, et ramasser les premières bogues vert pâle, d’où s’extrayaient avec peine de jeunes marrons durs et luisants.

Le temps semblait long: comme aujourd’hui il se saccade! Si tôt rentré de voyage, à peine mes enfants repartis vers d’autres aventures et ma belle échappée de mes bras, me revoici au travail: incapable de reprendre pied dans les traces d’il y a quelques semaines, juste attentif au souvenir en moi  du mois écoulé.

Mes collègues plaisantent sur mes mollets galbés (je suis resté en bermuda d’estivant), je leur offre à déguster à midi un cou d’oie farci, souvenir d’il y a peu, à Brive-la-Gaillarde; et quand, dans l’après-midi, je sors sous le préau fumer une cigarette, détale devant moi, dérangée dans sa tannière d’été, une superbe fouine: dans cet éclair, surgissent mille rencontres de mes vacances campagnardes, lièvres et chevrettes, circaëtes et martins-pêcheurs, machaons et zygènes…

C’en est fini de ma rentrée, surtout quand, retourné dans la fraîcheur climatisée du bureau, je m’ouvre de cette rencontre impromptue à ma collègue Noëlle: lui parler de fouine est ouvrir une de ses multiples boîtes à rêves, celle-là peuplée de furets et de genettes, autant de sésames pour libérer mes souvenirs d’enfance, renards, belettes, clairières et futaies, sentes et rives, landes et ciels mordorés… et le bruit feutré des pas traînant dans les feuilles de marronniers, là-bas, au delà du pont, sous lequel coule encore l’enfance




le bout du nez

23072009

Au réveil on s’est amusé
comme deux enfants joueurs
entre morsures et baisers
de très bonne heure
de très bonne heure

Je t’ai chipé ton bout du nez
entre l’index et le majeur
aussitôt je l’ai avalé
ah quel bonheur
ah quel bonheur

 Tu t’en trouvas fort dépitée
et m’implora « Mon bon seigneur
rendez moi donc mon bout du nez »
A la bonne heure
A la bonne heure

Mais au milieu de la journée
Tu m’as quitté mon joli coeur
et tout seul je suis resté
Ah quel malheur
Ah quel malheur




L’autre rive

21062009

 

blogsuran1.jpg

 

J’ai découvert sur l’autre rive
De la rivière nommée Suran
Entre les herbes hautes au vent
Une silhouette qui m’enivre

 

J’ai gagné l’ombre et m’y plais bien,
Entre nous du ruisseau la caresse,
Elle est, ingénue, qui paresse,
Au soleil ardent de Juin

 

J’ai levé les yeux d’un roman,
Surpris par un vol de demoiselles;
Ils se sont posés sur ma belle
Au doux bruit de l’eau s’endormant

 

Elle se repose, tendre innocente
Toute en courbes et lignes déliées
Offrant son corps doux et hâlé
A la lumière déclinante

 

 Oui, ses formes longues m’émotionnent
Et je me plais à deviner
Sous quelques centimètres d’étoffe carrée
Autant de peau blanche polissonne…

 

Voguent  chevênes et truitelles
Volent tous les martins-pêcheurs:
Rien ne trouble l’admirateur.
Mais pourquoi est-elle donc si belle?

 

La réponse est bien sûr duelle
Comme la chute du poème:
D’abord, c’est parce que je l’aime;
Enfin, parce qu’elle est très belle




si tu étais…

30052009

si tu étais marmotte

je saurais me blottir

dans la chaleur de tes bras

et rêver d’éternels hivers

 

si tu étais fille du soleil

j’aimerais jouer avec ton ombre

entre intimité et éblouissement

et découvrir la trace de tes rayons sur ma peau

 

si tu étais sourire

je me ferais collectionneur

de fossettes et d’éclats d’enfants

et te revendrais mes trésors

 

si tu étais larme

je goûterais le sel de tes yeux

j’en ferais une poudre magique

capable de dissiper toutes les brumes

 

si tu étais familière

je te confierais toutes les clés de mon âme

et te laisserais ouvrir une à une les portes

que j’ai dressées entre moi et le monde

 

si tu étais distante et fière

je pénétrerais dans ton coeur

par effraction et en douceur

et m’en irais à petits pas

 

Mais tu es flore, mille fleurs
je m’émerveille de tes pétales multicolores

et m’enivre de tes parfums.

Et apprends peu à peu à t’aimer

 

 

 

 

 







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